La communauté internationale a célébré, jeudi dernier, la 12è édition de la Journée mondiale du bégaiement sous le thème : "Être bègue, c’est plus que bégayer".Chez nous, elle a donné lieu à des festivités qui ont regroupé, samedi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), une foule des grands jours.
Affiliée depuis mars 2008 à la Fédération internationale des bègues (FIB), l’Association "Vaincre le bégaiement" (AVB) commémorait pour la troisième année consécutive cette journée dédié aux bègues dont le thème national était : "le bégaiement de l’enfant : rôle de l’entourage et attitudes préconisées".
Plusieurs personnalités et responsables ont pris part à cette rencontre, notamment Mme Timbo Oumou Bâ, marraine de la semaine nationale des personnes âgées, la présidente de l’AVB, Mme Diallo Oumou Sidibé, le représentant de la Fédération malienne des personnes handicapées (FEMAPH), Adama Diakité, celle de l’association des jeunes de la commune III, Mlle Boye Coulibaly, et plusieurs responsables d’Ong et associations partenaires.
Les responsables de l’AVB ont présenté la célébration de cette journée comme un signal fort adressé par les personnes souffrant de ce mal désireuses de faire partager à l’opinion nationale, les difficultés et les préjugés dont souffrent les bègues dans notre société.
Au cours d’une conférence organisée à l’occasion, les panelistes ont discuté du concept et des thérapies.
Comment se manifeste le bégaiement, quelles en sont les différentes formes, que représente la maladie dans le concert des déficits handicapants ? Quel comportement doit-on adopter pour aider les personnes à surmonter leur handicap ? Autant de préoccupations qui ont meublé les débats au cours de la rencontre.
La présidente de l’AVB, Mme Diallo Oumou Sidibé, a salué une journée qui, selon elle, contribue à déstigmatiser le phénomène. "Le bégaiement n’est pas une fatalité. Il constitue plutôt un déficit de communication dû à un certain nombre de facteurs. Il s’agit, entre autres, de l’environnement de la personne souffrant du déficit, de son manque de confiance en soi-même", a-t-elle énuméré.
La première responsable de l’Association "Vaincre le bégaiement" a rappelé des actions menées par celle-ci afin d’aider les bègues à supporter leur différence au sein de la société.
Ainsi de sa création à nos jours, l’AVB a organisé plus d’une centaine de séances de rééducation qui ont permis à plusieurs bègues de retrouver une élocution normale. Aujourd’hui, l’AVB se félicite de son dynamisme à travers une adhésion massive d’autres membres. Elle compte de nos jours plus de 150 membres et travaille avec nombre d’Ong et de partenaires publics et privés.
L’orthophoniste Olivia Lefebvre a relevé que le mal est beaucoup plus fréquent chez l’enfant. 95 % des enfants de 3 à 7 ans auraient la chance d’être atteints du déficit de communication dans notre pays. Un handicap relativisé par Mlle Boye Coulibaly, représentante de l’Association des jeunes de la commune III. "Le bégaiement n’a rien à voir avec l’intelligence. Des grands hommes comme Rousseau, Aristote étaient des bègues", a-t-elle rappelé.
Existe-t-il un remède contre le bégaiement ?
Absolument, répond Olivia Lefebvre. "Le bégaiement n’est pas une maladie en tant que telle. Il s’agit simplement d’un trouble vocal qui se manifeste par une difficulté de prononciation de mot ou de syllabes due à un sentiment d’infériorité. Car elle est le plus souvent provoquée par la présence de l’interlocuteur. Nous disposons tous d’un moyen pour vaincre le mal. Car il ne s’agit plus de se demander pourquoi l’enfant bégaie, mais plutôt comment faire pour l’aider à ne plus bégayer", a-t-elle analysé.
Les responsables de l’AVB proposent 6 astuces simplissimes pour aider le bègue : se garder de faire une remarque sur sa façon de parler, donner du temps à la personne de s’exprimer, maintenir le contact visuel, s’exprimer de façon naturelle face à la personne, au téléphone, rester indulgent et enfin se garder de compléter ses phrases.
La marraine de la semaine des personnes handicapées, Mme Timbo Oumou Bâ, a rendu hommage à l’AVB pour ses efforts afin de déstigmatiser le bégaiement. Elle a appelé à une synergie d’action nationale afin que le bégaiement ne soit plus vu comme un handicap, mais simplement comme une différence.
Un appel intelligemment repris par le groupe Nyogolon qui, à travers un sketch, a souligné l’intérêt de considérer autrement les bègues. La journée a été suivie d’un don de sang au profit de l’Association malienne des anémiques (AMA).
L. DIARRA
L’Essor du 29 Octobre 2009
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