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Histoire du gendarme racketteur

Samedi 6 mars, dans la commune rurale de Léré (Niafunké) un fou s’évade nuitamment de sa famille en brisant ses liens. Au hasard de son errance, il tombe sur un groupe de jeunes qui jouaient de la musique. Il eut avec ses derniers de vives altercations qui causèrent des blessures légères.

Aussitôt informé de l’affaire, le chef de poste de la gendarmerie locale, l’adjudant Mohamed Moussa Ag Houka convoque la même nuit les deux parties. Mais il libère les jeunes et met le fou en garde-à-vue.

Le lendemain, Moussa Ag Houka, croyant avoir découvert la filon, se présente dans la famille de sa proie pour lui demander de payer entre 75 et 100 000 FCFA. Refus net de cette dernière qui ne veut pas se laisser racketter. A bon droit car comme l’a dit notre interlocuteur (qui veut garder l’anonymat pour des raisons que l’on sait) « qui paie une fois, paiera cent fois ».

Les notabilités et l’administration se sont réunies pour régler l’affaire à l’amiable. Mais rien n’y fit. Deux semaines après les faits, le gendarme racketteur Ag Houka est revenu dans la famille du fou, arrête le frère cadet de ce dernier, le menotte devant sa sœur enceinte en lui disant de payer l’argent demandé pour libérer son frère...fou.

Le comble est que la même nuit, sa sœur a fait une fausse couche. Mis au gnouf par les soins du gendarme, le jeune homme a été présenté hier devant le juge. Ainsi, les histoires de fou sont souvent des histoires à faire dormir debout.

Arnaque et abus de pouvoir, en tout cas, les autorités locales de Niafunké et de Léré sont suffisamment informées des exactions que peut causer un agent de l’État, a fortiori en uniforme, sur de paisibles populations surtout dans des localités aussi reculées.

Mamadou Lamine DOUMBIA

L’Indépendant du 16 Mars 2010.

 

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