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  L’Indépendant
Le député Lancéni Balla Kéita à propos de la présidentielle de 2012 "Ma candidature est toujours en vigueur dans le cadre du parti"

Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé le samedi 13 mars 2010, l’Honorable Lanceni Balla Kéita, député élu sous les couleurs de l’ADEMA dans le Cercle de Kati, membre influent du Comité exécutif de ce parti, mais aussi membre du Parlement Panafricain (siège à Johannesbourg) d’où il vient de rentrer, se prononce sur sa volonté d’être le porte-étendard de son parti pour la présidentielle de 2012, la crise au sein de l’AMM, le Parlement panafricain. Pour lui, sa candidature pour 2012 ne souffre l’ombre d’aucun doute.

L’Indépendant : En août 2009, vous avez lancé un appel à soutenir votre candidature à la candidature de l’ADEMA pour la présidentielle de 2012. Où en êtes-vous ?

Lancéni Balla Kéita : Elle a été lancée depuis l’appel du 4 Août 2009, même si certains membres du Comité Exécutif, ont trouvé qu’elle était prématurée. Je leur concède cela. Mais je leur apprends aussi qu’une élection présidentielle, démocratique ne se prépare pas en six mois ; les exemples sont nombreux.

Je félicite quand même ceux qui ont apprécié ma position en son temps. Les conférences régionales et tournées entreprises par des partis et non des moindres, des prétendants sérieux, ayant une qualité d’anticipation sur les évènements me donnent raison en ce moment.

J’apprécie vivement leur initiative d’occupation du terrain politique à deux ans de l’évènement.

J’ai aussi ma stratégie de positionnement pour les présidentielles de 2012. Je dois préciser que ma candidature intervient seulement dans le cadre du parti. Et jusqu’à présent, elle est toujours en vigueur.

Comment appréciez-vous la plateforme signée entre plus de 10 partis politiques pour la mise en place du Bureau de l’Association des Municipalités du Mali ?

Je suis membre du Comité Exécutif de l’ADEMA. J’ai participé à cette prise de décision, même si, quelque part au préalable, les membres des différentes commissions désignées au préalable à cet effet, n’ont pas pris et assumé leurs responsabilités et ont préféré reporter le choix à un autre niveau.

J’ai eu une rencontre formelle avec l’Association des Municipalités du Mandé (AMUMA) sur le sujet. Notre position est claire, elle va dans le sens de la décision du parti. Ceux- là mêmes qui ont été portés à tous les postes par le parti, sont ceux qui nuisent beaucoup à ce parti c’est un constat que je fais.

Il faut arrêter, tout cela maintenant et se préparer pour 2012. C’est ça aussi la démocratie !

Vous rentrez d’une session du Parlement panafricain. Pouvez-vous présenter cette institution à nos lecteurs ?

Comme, vous le savez, le Parlement Panafricain (PAP) dont le Mali est membre est un organe de l’Union Africaine. Il a été créé en vue d’assurer la pleine participation des peuples africains au développement et à l’intégration du continent.

Sa composition, les pouvoirs, les attributions et son organisation sont définis dans un protocole relatif au Traité instituant la Communauté économique africaine, adopté le 2 mars 2001.

Quelle est la composition du Parlement panafricain ?

Au cours de son premier mandat qui va de sa mise en place jusqu’à 5 ans après, donc de mars 2004 à février 2009, chaque Etat membre est représenté par 5 Délégués reflétant la diversité des opinions politiques de chaque parlement ou tout autre organe législatif national.

Pour le cas du Mali, ce sont les Honorables : Ibrahim Boubacar Kéita, Me Mountaga Tall, Mme Ascofaré Oulématou Tamboura, Mme Coulibaly Kadiatou Samaké et ma modeste personne, Lanceni Balla Kéita, qui représentent le pays au sein de cette prestigieuse institution dont le siège est à Johannesbourg en Afrique du Sud.

Quels sont les pouvoirs réels dont dispose le Parlement panafricain ?

L’Article 11 affirme le principe des pouvoirs législatifs dont doit être investi le PAP après le premier mandat de son existence. En effet, selon les termes de cette disposition, le PAP n’exerce pendant le premier mandat de son existence que des pouvoirs consultatifs.

Cette disposition est appliquée depuis décembre 2003, date de mise en place du PAP.

Comme le stipule l’article 2-3 du protocole, il devrait se tenir à la fin du premier mandat, donc une période transitoire, une conférence des Etats parties pour évaluer la mise en œuvre du protocole et son efficacité, ainsi que le système de représentation au PAP.

C’est pourquoi, le 12ème Sommet de l’Union Africaine, tenu en Février 2009, a décidé, par Décision Déc.223(x0), d’enclencher le processus de révision du protocole pour la transformation du PAP en un organe doté de pouvoirs législatifs réels.

Comme, vous pouvez donc le constater, nous ne votons pas de lois des pour le moment. Cependant, le PAP a entrepris, en relation avec la Commission de l’Union Africaine, le Conseil des Représentants (COREP), une étude d’auto-évaluation dans la perspective d’une conférence d’évaluation en vue de dégager les faiblesses et insuffisances identifiées lors du mandat consultatif.

Quand est-ce que le PAP va voter des lois pour toute l’Afrique ?

Le 12ème Sommet de l’Union Africaine, tenu en Février 2009, a donc demandé d’enclencher le processus de transformation du PAP en un organe législatif doté de pouvoirs effectifs. Nous avons, à travers la Commission de Règlement du PAP, formulé des propositions allant dans le sens de la transformation du PAP en un organe législatif. Le PAP, au cours de sa dernière session ordinaire, tenue du 25 octobre au 5 novembre 2009, a adopté ses propositions et les a transmises à la Commission de l’Union Africaine. Cette transformation constitue un immense chantier des mutations qualitatives des institutions de notre continent.

Allez-vous voter des lois dans tous les domaines ? Il est important de comprendre que c’est un processus, et en tant que tel, les réformes doivent s’opérer progressivement dans le temps. C’est pourquoi, les pouvoirs (domaines) législatifs que les experts proposent pour renforcer, à l’étape actuelle, le Parlement Continental, ne sont pas universels. Mais ils concernent un nombre de domaines que je vais limitativement énumérer ici : la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l’homme , la promotion de l’égalité en genre, la protection de la mère et de l’enfant , la libre circulation des personnes et des biens au niveau continental , la citoyenneté de l’U.A, le travail, l’immigration et l’émigration ; la jeunesse et les sports ; l’éducation ; la recherche scientifique et technologique ; la santé publique ; l’environnement ; le développement de l’agriculture et de l’élevage ; l’interconnexion des réseaux d’énergie ; les moyens de communications transcontinentales ; les télécommunications et l’interconnexion au niveau continental ; les infrastructures ; les technologies de l’information et de la communication (T.I.C)

C’est pour préparer cette étape importante du nouveau Statut du PAP, que toutes les Commissions spécialisées du Parlement se sont rencontrées à Midrand, en Afrique su Sud du 1er au 6 Mars 2010.

En plus d’un certain nombre de thèmes discutés au sein des Commissions avec les Experts de la Commission de l’Union Africaine et du NEPAD, les Parlementaires ont donné leurs avis et ont fait des propositions et des amendements sur le rapport de l’Atelier de planification intitulé. ’’Evolution du Parlement Panafricaine (PAP) en un organe législatif’’ et sur le rapport intitulé ’’un cadre pour le PAP’’

Y a-t-il une date limite pour ce changement de statut ?

Le souhait du Bureau du PAP est d’arriver à cette étape au plus tard en 2011.

Comment seront élus alors les membres de ce nouveau Parlement ?

Le principe du mode de désignation des membres du PAP sera l’élection au suffrage universel direct.

Mais au stade actuel des choses, c’est l’élection au suffrage universel indirect qui est proposé, tous les membres du PAP seront, désormais, élus à la différence de la situation actuelle où certains sont élus et d’autres désignés.

Le collège électoral sera constitué par les Parlements nationaux respectifs ou tout autre organe législatif des Etats membres.

A défaut de l’élection au suffrage universel direct, ce mode de désignation des membres du PAP peut leur conférer un degré appréciable de légitimité.

Bruno Djito SEGBEDJI

16 Mars 2010.

 

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